Le gazon synthétique s'est imposé sur ma zone pour une raison simple : entre les restrictions d'eau de plus en plus fréquentes et une terre qui grille dès juillet, une pelouse naturelle demande beaucoup d'arrosage pour un résultat qui reste moyen trois mois par an. Le gazon synthétique règle la question une fois pour toutes. C'est aussi pour cela que j'ai arrêté l'arrosage automatique : autant poser quelque chose qui n'a plus besoin d'eau.
Le point que les clients découvrent au moment du devis, c'est que le gazon lui-même n'est pas le plus gros du travail. Ce qui conditionne le résultat à dix ans, c'est ce qu'il y a dessous. Mon protocole est toujours le même : décaissement sur 8 cm environ pour retirer la terre végétale, mise en place d'un géotextile anti-repousse, apport d'un mélange sable-concassé réglé puis compacté, et seulement ensuite le déroulage. Un gazon posé directement sur la terre, c'est un gazon qui gondole, qui se creuse aux endroits de passage et qui laisse remonter les adventices au bout d'un an.
Sur la qualité du gazon, je travaille en 40 à 45 mm avec des fibres bicolores et du thatch, cette couche de fibres frisées à la base qui imite le feutre d'une pelouse tondue. C'est ce qui évite l'effet moquette plastique brillante des premiers prix. En dessous de 30 mm, le rendu est plat et l'usure se voit vite. Au-dessus de 45 mm, les fibres se couchent et il faut brosser plus souvent. Les 25 à 45 €/m² que j'affiche couvrent cet écart de qualité, plus la complexité du chantier : une grande surface rectangulaire sur terrain plat coûte bien moins au mètre carré qu'une cour biscornue avec six découpes autour d'arbres et de regards.
Je préfère dire aussi ce que le gazon synthétique ne fait pas, parce que c'est ce qui crée les déceptions. En plein soleil d'été, il chauffe, plus qu'une pelouse naturelle : sur une terrasse exposée plein sud, un arrosage rapide avant de s'installer règle le problème, mais autant le savoir. Il n'aime pas être posé sous un pin ou un cyprès qui lâche de la résine et des aiguilles en continu, l'entretien devient pénible. Et il a besoin d'un drainage réel : sur un sol argileux qui retient l'eau, je reprends le fond de forme avant toute chose, sinon l'eau stagne sous le tapis.
L'entretien existe, mais il est léger : un coup de balai ou de souffleur sur les feuilles, un brossage à contre-sens une à deux fois par an dans les zones de passage pour redresser les fibres, et un rinçage au jet si vous avez un chien. Rien à voir avec une tonte hebdomadaire de mars à octobre. J'ai posé de la pelouse synthétique à Carry-le-Rouet avec une allée en pas japonais d'ardoise, à Châteauneuf-les-Martigues sur un jardin complet, et à Marseille après terrassement d'un terrain irrégulier. Les trois fiches détaillent le déroulé réel, photos comprises.